UN JARDIN QUI RESTE BEAU APRÈS L’ÉTÉ

La Presse

Quand on aménage un jardin, on veut qu’il demeure attrayant à la fin de l’été. Voici quelques trucs pour s’entourer de végétaux qui pourront s’épanouir chez soi et créer une belle ambiance jusqu’aux premières gelées.
DANIELLE BONNEAU
LA PRESSE

CONDITIONS ADÉQUATES

Le degré d’ensoleillement, le type de sol, la présence ou non de gicleurs automatiques vont tous dicter le choix des végétaux, indique l’architecte paysagiste Jocelyn Lussier, président de Topia solutions jardins. Pour connaître la composition et le degré d’acidité (pH) du sol en place, il recommande d’apporter un échantillon dans un centre de jardin spécialisé. « Cela permet de comprendre pourquoi telle plante ne pousse pas, précise-t-il. On sait alors quoi faire pour améliorer la qualité du sol. » Dans ce jardin privé, à Hampstead, la majorité des végétaux sont des plantes de plein soleil (nécessitant au moins six heures par jour d’ensoleillement).

EFFET RECHERCHÉ

La graminée Pennisetum rubrum, souvent utilisée comme accent dans des boîtes à fleurs, tient la vedette en bordure de la piscine et se détache des thuyas. Par sa hauteur, le massif de graminées crée une autre perspective afin de mieux intégrer la piscine dans la cour, explique Jocelyn Lussier, qui a conçu l’aménagement paysager avec le technicien Lotfi Bernoussi. De teinte bordeaux l’été, le feuillage devient plutôt orangé l’automne. La texture des graminées est aussi très intéressante. « La légèreté des longs épis contraste avec la rigidité des thuyas et l’adoucit », précise l’horticulteur.

DIFFÉRENTES ZONES

Des végétaux peuvent être utilisés pour délimiter des espaces et servir de cloison, sans obstruer la vue sur la piscine. Ici, l’architecte paysager a joué avec la hauteur des plants et leur volume. Une autre variété de Pennisetum (Princess), qui ne fleurit pas souvent et arbore une teinte rouge vin foncé l’été et orangée l’automne, sépare nettement le coin salle à manger du coin piscine. Des plantes plus basses se trouvent à côté. « On a l’impression qu’il s’agit d’une piscine creusée, précise M. Lussier. Comme la maison est très haute, une piscine semi-creusée a été installée. Les propriétaires peuvent ainsi la voir de l’intérieur. »

PLANTES PERFORMANTES

Hémérocalles, hydrangées, échinacées et népètes trouvent place dans le jardin parce qu’elles ont une longue période de floraison, sont résistantes aux insectes et tolèrent des conditions allant de « très ensoleillé » à « mi-ombragé », indique Jocelyn Lussier, qui est l’un des deux lauréats du Défi Val-Mar en architecture de paysage, organisé au printemps dans le cadre des prix Habitat Design. Les échinacées et les népètes sont taillées pour mieux refleurir, après leur première grande floraison. « Quand il n’y a pas beaucoup de plantes dans un jardin, c’est important qu’elles soient belles longtemps et qu’elles portent beaucoup de fleurs », fait remarquer l’architecte paysagiste.

TYPE D’AMÉNAGEMENT

Le jardin est plutôt contemporain pour se marier avec la maison. « Tout est linéaire, fait remarquer M. Lussier. Les matériaux, simples en apparence, ne sont pas très texturés. Les zones sont bien délimitées et il n’y a que sept variétés de végétaux, en incluant les thuyas. La couleur des matériaux s’harmonise avec la brique beige de la maison et le bleu de la piscine n’est pas trop contrastant, rappelant la mer des Caraïbes. Tout forme un ensemble cohérent. » Au cœur : la piscine à débordement, de deux pieds hors sol. « Le bruit de la chute d’eau contribue au dépaysement, indique l’horticulteur. L’idée est de se sentir dans un hôtel privé. »

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